Prions pour ceux qui sont dans l’angoisse

Que retenir de cette année ? 

Ce dernier dimanche de juin est l’occasion de se demander ce que signifie être digne de Dieu, digne du Christ, selon ses propres termes dans l’évangile, à la veille de la fête de saint Pierre et saint Paul, les colonnes de l’Eglise, et en ce 28 juin fête de saint Irénée, dont le maître saint Polycarpe avait connu saint Jean l’évangéliste. Modèles de sainteté et de dignité : dans le chaos du monde, le Christ est le seul point d’appui stable. Etre digne de lui signifie prendre appui et modèle sur Lui.

Que retenir de cette année ?

On n’atteint Dieu qu’en s’unissant au Christ souffrant en chacun de nos frères. « Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, dit saint Paul dans la 2ème lecture (Rm 6, 3),c’est à sa mort que nous avons été unis », à sa Passion et sa Résurrection.

La Tradition est unanime pour dire que cette union au Christ passe par la contemplation de sa Passion et la compassion pour nos frères. Et l’Eglise nous propose de prier les mystères douloureux du Rosaire qui commencent par l’agonie à Gethsémani, quand Jésus ressentit « tristesse et angoisse » dit saint Matthieu (Mt 26, 37). « frayeur et angoisse » dit saint Marc (Mc 14, 33). Ce ne sont pas des péchés mais un passage obligé, ce que vivent tant de personnes dans l’angoisse et la détresse, touchées par la maladie, le grand âge, face à la mort, éprouvées par de dramatiques situations ou changements de vie.

Béni sois-tu Seigneur qui dans ton agonie es venu rejoindre et soutenir toutes les personnes qui sont dans l’angoisse. Donne-leur de te savoir auprès d’elles, à leurs côtés. Donne-leur des proches qui les écoutent, les comprennent et les aident, alors que tes disciples, même Pierre, Jacques et Jean, étaient incapables de rester éveillés et prier. Une heure ! Vous n’avez pas la force de veiller seulement une heure avec moi ? (cf. Mt 26, 40).

Béni sois-tu Seigneur qui dans ton agonie es venu rejoindre et soutenir toutes les personnes qui sont dans l’appréhension de ce qui va arriver, qui prévoient et imaginent le pire, qui ne voient pas que l’Adversaire s’emploie à les affoler. Donne-leur de revenir à l’instant présent, de se tourner vers toi. Viens Esprit-Saint, Consolateur souverain, adoucissante fraîcheur.

Béni sois-tu Seigneur qui dans ton agonie es venu rejoindre et soutenir toutes les personnes qui redoutent d’être arrachées aux relations heureuses auxquelles elles sont tant attachées. Tu as promis Seigneur que ces liens d’amour ne disparaissent pas parce qu’ils sont la vérité de notre être, l’amour qui nous conduit au Père.

Béni sois-tu Seigneur qui dans ton agonie es venu rejoindre et soutenir toutes ces personnes que tu appelles à accepter de se remettre à toi, de s’abandonner à toi qui as imploré ton Père :« Mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? – Père, glorifie ton nom ! ». Alors du ciel vint une voix qui disait : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. »

Béni sois-tu Seigneur qui dans ton agonie es venu rejoindre et soutenir toutes les personnes qui souffrent à qui tu t’es uni dans un acte d’amour infini. Alors que toi-même pouvais y échapper, comme tu as aimé tout être en venant en ce monde, tu nous as aimés jusqu’au bout.

Angoisse. Appréhension. Arrachement. Acceptation. Acte d’amour infini.

Béni sois-tu Seigneur qui dans ton agonie es venu rejoindre et soutenir toutes les personnes qui sont dans la détresse, pour qui c’est trop dur, déçues, dégoûtées, découragées : fais remonter de leur mémoire ces moments heureux dans ce combat où l’obscurité se fait dans leur esprit. 

Béni sois-tu Seigneur qui dans ton agonie es venu rejoindre et soutenir toutes les personnes qui doutent – de la vie, de ton amour pour elles, de leur capacité à faire face, à tenir bon dans de telles épreuves. Donne-leur de prononcer ce Amen, oui je crois, de ce qui est solide, la Foi. Amen, Je crois Seigneur et j’espère en toi.

Béni sois-tu Seigneur qui dans ton agonie es venu rejoindre et soutenir toutes les personnes qui redoutent cette dépossession, ce dépouillement que tu as vécu jusqu’au bout, sur la croix, par amour pour nous, pour nous sauver, pour revenir à l’essentiel, du don du Saint-Esprit.

Béni sois-tu Seigneur qui dans ton agonie es venu rejoindre et soutenir toutes les personnes qui désespèrent, si désemparées et désorientées qu’elles ne savent vers qui se tourner, si douloureuses qu’elles ne peuvent ou n’osent plus demander, ni même supplier. 

Béni sois-tu Seigneur qui dans ton agonie es venu rejoindre et soutenir toutes les personnes qui sont dans la désolation la plus extrême (la déréliction). Que ton saint Ange leur apporte consolation et Espérance, la promesse de la Résurrection. Quand tu as prié « Père, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne, alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait » (Lc 22, 42).

Angoisse. Appréhension. Arrachement. Acceptation. Acte d’amour infini.
Détresse. Doute. Dépossession. Désespoir. Résurrection.

Partager cette homélie

Recevez les homélies chaque semaine

Recevoir l'homélie chaque semaine