Voici que nous est donnée avec cette Cananéenne, au lendemain de l’Assomption de la bienheureuse Vierge Marie, une belle figure d’habitation du Saint-Esprit, par sa foi, sapersévérance et son humilité.
Les Cananéens font partie de ces peuples, avec les Hittites, les Amorites, les Perizzites, les Hivvites et les Jébuséens (cf. Ex 3, 8), que les Hébreux ont combattus en entrant en terre promise après le désert à leur sortie d’Egypte. La plupart avaient été éliminés, les Cananéens avaient eu la vie sauve, et les Juifs les côtoyaient non sans mépris pour leur idolâtrie.
Elle vient à Jésus. Elle fait preuve d’une des plus belles qualités humaines : l’initiative. Une qualité divine : l’Alliance est une initiative divine, Dieu nous a aimés le premier.
Le sens de l’initiative est la qualité qu’on peut reconnaître à la Vierge Marie quand elle va chez Elisabeth, dans ce mystère joyeux de la Visitation que nous entendions hier, mais surtout aux Noces de Cana, 2ème mystère lumineux du Rosaire : « La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité » (Jn 2, 2). Marie prend l’initiative, d’abord avec Jésus : « Ils n’ont pas de vin ». Puis auprès de ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le ».
La capacité d’initiative est la marque des Saintes et des Saints, par la grâce de l’Esprit-Saint, pour s’engager, intercéder, convaincre, renouveler œuvres de charité, d’éducation, de prière.
Quelles sont vos Saintes préférées ?
Pour le 2ème mystère lumineux des Noces de Cana, on peut en prendre dix pour les dix Ave, par ordre alphabétique de l’initiale de leur prénom, de A à J, un bon moyen mnémotechnique pour ne pas avoir besoin d’un chapelet ou d’un dizainier.
A comme sainte Angèle de Foligno, la mystique, ou sainte Angèle de Mérici, la fondatrice des Ursulines, novatrice dans la latitude donnée aux femmes dans l’apostolat, mais on peut choisirune Sainte de l’Ancien Testament : A comme Anne la mère du prophète Samuel, ou A comme Abigaïl qui se porte au-devant du futur roi David pour l’empêcher de se faire justice contre son mari Nabal, qu’elle qualifie pourtant elle-même de vaurien : c’est au chapitre 25 du 1erLivre de Samuel. Prendre l’initiative de ramener quelqu’un à la raison : magnifique Abigaïl !
B comme sainte Brigitte de Suède, épouse, mère, veuve et fondatrice, copatronne de l’Europe, ou comme sainte Béatrice de Silva, dont c’est la fête demain 17 août, fondatrice de l’Ordre de l’Immaculée Conception, ou B comme Bethsabée, dont le roi David fit tuer son mari Urie le Hittite provoquant la colère de Dieu. C’est au chapitre 11 du 2ème Livre de Samuel, et il faut voir comment, quand Urie refusa d’entrer chez sa femme pour l’honorer et cacher à son insule péché de David, Bethsabée ne bougea pas. En revanche, quand le roi David à la fin de sa vie allait mourir, Bethsabée sort du silence pour lui rappeler son serment d’introniser son fils Salomon (1 R 1, 17).
A comme Abigaïl. B comme Bethsabée. C comme la Cananéenne à qui Jésus rend hommage.« Femme, grande est ta foi », comme grande fut la foi de sainte Catherine de Gênes, sainte Catherine de Sienne, sainte Catherine de Suède, de sainte Cécile, etc.
D comme Deborah la prophétesse du Livre des Juges qui envoie au combat le général des armées d’Israël, le prévenant que la victoire viendrait d’une autre femme Yaël (chapitres 4 et 5 du Livre des Juges).
E comme Esther, du Livre du même nom, qui n’avait pas envie de sortir de son confort, encore moins de risquer sa vie, mais, portée par la prière et le jeûne, organise elle-même la façon de déjouer le complot ourdi contre son peuple.
F comme sainte Faustine, l’Apôtre de la Miséricorde, héritière de sainte Catherine de Sienne pour la Miséricorde et de sainte Catherine de Gênes pour ses prières pour les âmes du Purgatoire. Dirons-nous de sainte Faustine, comme d’Esther et des autres qu’elles ont répondu à l’appel du Seigneur ou qu’elles ont pris l’initiative ? Les deux vont ensemble.
G pour sainte Gertrude la mystique d’Helfta qui renonce aux études qui la passionnaient pour se consacrer au seul approfondissement de sa vie intérieure. Ou sainte Geneviève patronne de Paris et Nanterre, qui a su mettre le peuple en prière, comme aller chercher et distribuer du pain à ceux qui ont faim.
H comme sainte Hildegarde de Bingen dont l’activité et les initiatives ont été prodigieuses dans la constitution et le développement de nouvelles communautés comme dans la diffusion du savoir le plus varié.
I comme Ida, au moins trois saintes Ida, sainte Ida de Louvain (au 12ème siècle), épouse du Comte de Boulogne, qui fonda de nombreuses abbayes, sainte Ida l’Ermite, sa contemporaineen Suisse, recluse comme sainte Ida de Herzfeld († 825), la sainte patronne des affamés, des simples d’esprit et des pauvres. Ou I comme la Bienheureuse Isabelle, sœur du roi saint Louis.
A comme Abigaïl. B comme Bethsabée. C comme la Cananéenne. D comme Deborah. E comme Esther. F comme Faustine. G comme Geneviève, H comme Hildegarde. I comme Isabelle.
Et J comme Jeanne d’Arc, vierge et martyre, ou dans l’Ancien Testament l’extraordinaire Judith, du Livre du même nom, qui intervient spontanément pour libérer son peuple du roi Holopherne. Comme à un serpent, elle lui coupe la tête.
Initiative. Persévérance. Humilité.
Ces trois qualités font la beauté de la vie, et nous sauvent de toute monotonie (saint François de Sales parlait du ‘martyre gris de la monotonie’).
Persévérance, Humilité, Initiative, comme la lettre PHI, symbole de proportion et d’harmonie.