De sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, on a retrouvé, écrit de sa main en 1896 ou 97, l’année de sa mort à 26 ans, un feuillet intitulé ‘Concordance pascale’ où elle avait recopié en essayant de les harmoniser les récits des quatre évangiles sur les apparitions du Christ ressuscité au matin de Pâques (le texte est accessible sur le site : « Les archives du Carmel de Lisieux »).
C’est souvent ce que l’on a de mieux à faire, en tout cas que l’on faisait par le passé, de recopier les textes de l’Ecriture pour s’en imprégner. C’est par leur travail de copistes que pendant des siècles des moines sont devenus des Saints.
Les « Derniers entretiens » de sainte Thérèse avec ses sœurs racontent ses derniers mois de souffrances pleins d’espérance. Le 29 mai, Mère Agnès, ayant ouvert l’Évangile, lui lit : « Il est ressuscité, il n’est plus ici, voyez le lieu où on l’avait mis ». Thérèse répond : « Oui, c’est bien cela ! Je ne suis plus, en effet, comme dans mon enfance, accessible à toute douleur : je suis comme ressuscitée, je ne suis plus au lieu où l’on me croit… Oh ! ne vous faites pas de peine pour moi, j’en suis venue à ne plus pouvoir souffrir, parce que toute souffrance m’est douce ». Le mot peut heurter, et pourtant.
Voudriez-vous que nous reprenions ces apparitions du Ressuscité dans les Evangiles, en sachant que des révélations ‘privées’ ont été accordées tout au long de l’Histoire à des Saints et des Saintes dignes de foi. C’est à sainte Thérèse d’Avila que Jésus a dit, ce que tient une large part de la Tradition, que sa 1ère apparition le Jour de Pâques fut pour sa Mère, la Vierge Marie, et, selon les paroles du Christ à sainte Thérèse, « il dut la consoler longuement » tant elle avait été éprouvée.
1ère apparition du Christ Ressuscité, même si elle n’est pas dans l’évangile : à sa Mère.
2ème apparition du Christ Ressuscité : à Marie Madeleine. Jésus l’avait délivrée de sept démons. Saint Antoine de Padoue, dans un texte qui lui est attribué sous le titre « Les dix apparitions du Christ ressuscité », commente : « La grâce du Seigneur apparaît à l’âme pénitente avant toutes les autres ».
3ème apparition du Christ Ressuscité, aux saintes femmes, c’était l’évangile de la messe de cette nuit. Elles couraient, « remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, porter la nouvelle aux disciples, quand Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » (Mt 28, 8).
Les 3 premières apparitions du Christ sont pour la Vierge Marie, sainte Marie-Madeleine et les saintes femmes, celles qui donnent la vie, portent la vie, qui sont, disait le cardinal Ratzinger, plus proches que les hommes des valeurs de la vie.
La quatrième fois, il apparut aux deux disciples allant vers Emmaüs. « Ces deux disciples, dit saint Antoine, désignent l’amour de Dieu et du prochain. Le Seigneur apparaît à celui qui possède l’amour et désire imiter la pauvreté de Jésus Christ ».
Les deux disciples retournent à Jérusalem où se fait la 5ème apparition aux disciples réunis. Saint Antoine commente : « Lorsque les disciples, les sentiments de l’homme, sont unis dans le bien, c’est alors qu’apparaît à l’esprit la grâce de l’Esprit Saint ».
« La sixième fois, il apparut huit jours après, aux disciples réunis avec Thomas. Le jour de la résurrection générale, Dieu emportera de notre cœur toute ombre de doute et toute tache d’infirmité ».
« La septième fois, il apparut au bord du lac aux disciples en train de pêcher. La pêche représente la prédication, et le Seigneur apparaît à ceux qui y travaillent avec assiduité ».
La huitième fois, à l’Ascension, le Christ les amena « au mont des Oliviers où, levant les mains, il les bénit, sous leurs regards s’éleva au ciel et une nuée le déroba à leurs yeux. Le mont des Oliviers signifie miséricorde. Le Seigneur apparaît à l’homme miséricordieux qui éprouve de la compassion pour le pauvre, le blessé, le tourmenté, l’affamé, le nu, le souffrant. Blessé par leur pauvreté, il s’embrase de compassion et use (fait preuve) de miséricorde.
Que daigne nous accorder cette compassion celui qui est ressuscité des morts et à qui revient l’honneur et la gloire, la domination et le pouvoir, au ciel et sur la terre. Et que toute âme fidèle dise, en cette joie pascale : Amen, Alléluia ! ».
La 9ème fois, c’est à saint Paul qui témoigne « qu’après être apparu à Pierre, puis aux Douze, ensuite à plus de cinq cents frères à la fois, ensuite à Jacques, puis à tous les Apôtres … en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis » (1 Co 15, 5 … 8).
Enfin, terminons par la plus importante de ses apparitions dans l’Histoire, à sainte Marguerite-Marie à Paray-le-Monial le 27 décembre 1673, le jour de la fête de saint Jean l’évangéliste. Montrant son Cœur blessé rayonnant comme un soleil surmonté de la Croix dans un trône de flammes, Jésus lui dit : « Mon divin Cœur est si passionné d’amour pour les Hommes et pour toi en particulier que, ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu’il les répande par ton moyen ».
A chacun de nous maintenant de porter ce message : le Christ est vraiment ressuscité, alléluia, et son Cœur est la source de toute charité