Le même choix chaque année

En 1968, lorsque le Pape Paul VI a voulu que ce Jour de l’an soit la Journée mondiale de la Paix, il a précisé que cela ne changeait rien au fait que ce jour soit dédié « au culte de la maternité divine de Marie et au très saint nom de Jésus », comme nous venons de l’entendredans l’évangile : « l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception » (Lc 2, 21). Nous l’avions entendu au 4ème dimanche de l’Avent dans l’évangile de saint Matthieu : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. Tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés »(Mt 1, 21). 

L’année suivante, en 1969, cette célébration du Saint Nom de Jésus a été retirée du calendrier liturgique. C’était pourtant une dévotion est très ancienne, consacrée par le Concile de Lyon en 1274, et qui avait été portée aussi bien par les Dominicains que par les Franciscains, saint Bernardin de Sienne en particulier en fut un ardent promoteur. Et puis elle a été réintégrée dans le calendrier en 2002 par le Pape Jean-Paul II, 33 ans et 3 jours plus tard puisqu’il l’a fixée au 3 janvier suivant la tradition … jésuite.

Le lien est grand entre la maternité divine de Marie et la divinité de son Fils Jésus. 

Ce fut dans les premiers temps, jusqu’au Concile d’Ephèse en 431, un rude combat théologique, et pas une simple querelle de mots, pour obtenir que Marie soit reconnue comme la Mère de Dieu et pas seulement de l’homme Jésus, autrement dit pour pouvoir affirmer dogmatiquement que les deux natures divine et humaine sont unies en une même personne : Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme. Puisque Marie est la Mère de Jésus, elle est la Mère de Dieu car Jésus est Dieu.

Comme toutes les fêtes de Marie, celle de sa maternité divine est donc d’abord une fête du Christ, une fête du Seigneur. 

Jésus Christ est Seigneur, vrai homme et vrai Dieu.

Il est le Prince de la Paix, ainsi que nous l’entendions dans la 1ère lecture de la Nuit de Noël : « Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix » (Is 9, 5).
Il est le Prince de la Paix dans le combat de la prière, comme l’expliquait le Pape Paul VI dans son 1er message du 1er Janvier : « nous disposons d’une arme particulière pour la paix : c’est la prière ».

Il n’est donc pas étonnant que les gouvernants de l’époque n’aient pas voulu suivre l’appel de Paul VI, et c’est en 1981 que les Nations-Unies ont fixé une journée mondiale de la paix, au 21 septembre, qui prend place aujourd’hui parmi plus de 200 journées mondiales : la journée mondiale des oiseaux migrateurs, la journée mondiale de la bicyclette, des astéroïdes, des jumeaux siamois, de l’air pour des ciels bleus … 

Quand on met tout sur le même plan, c’est plat.

Il faut dire que dans son 1er message le Pape Paul VI invitait à « s’interroger individuellement et sincèrement sur les racines de la rancune et de la violence qui peuvent éventuellement (sic !) se trouver dans le cœur de chacun » (Message du 1er Janvier 1968).

La paix dont nous parlons n’est pas une paix sociale. 

Jésus a prévenu : « Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive » (Mt 10, 34), ce glaive que le prophète Syméon annonce à Marie lors de la Présentation du Seigneur au Temple : « Cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre » (Lc 2, 35).

En ce Jour de l’An, nous sommes placés comme chaque année devant le choix d’y voir une fête civile au lendemain du réveillon, ou une fête religieuse à la fin de l’octave de la Nativité du Seigneur, une semaine après Noël.
Nous avons à choisir entre un juste souhait de paix sociale ou l’unique médiation du Christ, en ayant à l’esprit son avertissement (juste avant sa parole sur le glaive) : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux » (Mt 10, 32-33).

Cette année 2026 honorera le 800ème anniversaire de la mort de saint François d’Assise le 3 octobre 1226. Nous pouvons continuer à le réduire à un merveilleux amoureux de la Création ou le contempler dans sa pleine suite du Christ, lui saint François le stigmatisé par amour qui a porté jusque dans son corps les souffrances du Christ, au point les deux dernières années de sa vie de ne plus pouvoir marcher à cause des marques en ses pieds des clous de la Croix.

Un moine cistercien du XIIe siècle, Isaac de l’Étoile, disait : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. Ce mystère est grand, je veux dire qu’il s’applique au Christ et à l’Église. Garde-toi bien de séparer la tête du corps : n’empêche pas le Christ d’exister tout entier ; car le Christ n’existe nulle part tout entier sans l’Église, ni l’Église sans le Christ ». 

Il en va de même de Marie : elle n’existe nulle part tout entier sans l’Église, ni l’Église sans la Vierge Marie. 

Et il en va de même pour nous baptisés : que sommes-nous sans le Christ, sans sa Mère, sans l’Eglise ?

Alors, que choisirons-nous cette année : la paix sociale ou la divinité du Christ ?

Notre confort ou notre baptême ?

Partager cette homélie

Recevez les homélies chaque semaine

Recevoir l'homélie chaque semaine