Consacrer sa famille au Cœur de Jésus

Une des leçons de l’évangile de cette fête de la Sainte Famille est pour les parents : ne croyez pas que les pouvoirs publics aient le souci de vos enfants. Surtout ne sacralisez pas l’Etat. Méfiez-vous des pouvoirs publics, du pouvoir sous toutes ses formes : il est fou et il rend fou. Quel que soit le régime, même à visée démocratique.
Nous entendrons dimanche prochain ce qui précède quand Hérode a convoqué les mages en secret, les a envoyés à Bethléem se renseigner sur l’enfant, leur disant : « quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui » (Mt 2, 8). Citez-moi un dirigeant public qui n’a pas recours au mensonge. 

Ne dissuadez pas pour autant vos enfants de travailler pour les pouvoirs publics, au contraire : le Christ nous envoie dans le monde. Mais prévenez-les que le Prince de ce monde est un menteur et un meurtrier. « Il n’y a pas en lui de vérité. Quand il dit le mensonge, il le tire de lui-même, parce qu’il est menteur et père du mensonge » (Jn 8, 44). 
« Depuis le commencement, il a été un meurtrier ». Après avoir fait inscrire l’avortement dans la Constitution, au lieu d’avoir cherché à en limiter le drame, il poursuit son œuvre de mort avec l’euthanasie, pour donner aux médecins le droit de tuer (au-delà des enfants dans le sein de leur mère). Il endort les consciences à coups de subventions et de millions, qui sont devenus des milliards. Qui peut résister à la corruption, même passive ? L’Eglise n’y a jamais échappé autrement que par des retours salutaires à la pauvreté et au dépouillement. Réveille-toi ! « Lève-toi, prends l’enfant et sa mère, et pars ».

L’enfant et sa mère : ils sont représentés dans toutes les églises comme le symbole de notre consécration, du sacré de la vie. 

Joseph fait passer son travail au second plan : il laisse tout, attaches et biens matériels, porté par une grâce surnaturelle reçue dans la prière. Quand l’ange du Seigneur lui est apparu en songe, il n’a pas demandé : Qui es-tu ? Il est familier de la Parole de Dieu. La Sainte Famille vit de la Parole de Dieu. 

Parents, enseignez-la à vos enfants !

Quand j’avais vingt ans et que je vivais loin de Dieu, ma mère sans rien dire me donnait quand je la voyais une parole de l’Ecriture découpée dans une page de son missel Prions en Eglise. Sans commentaire. Je savais que son cœur était uni au Cœur du Christ. C’est pour ça qu’elle m’avait prénommé Christian.

Il y a cent ans, en décembre 1925, le Pape Pie XI a publié une Lettre sur la Royauté du Christ, dans laquelle il rend hommage à toutes « ces familles, presque innombrables, qui se sont vouées et consacrées au Sacré Cœur de Jésus ». 
Dans cette lettre, le Pape Pie XI déplorait « combien avaient diminué le prestige du droit et le respect dû à l’autorité ». Il y a un siècle ! Cela commence en famille car c’est à l’autorité, quelle qu’elle soit, parentale, éducative, de se rendre respectable. Si vos enfants ne vous respectent pas, demandez-vous pourquoi.

Jésus jusqu’à sa majorité s’est soumis à Marie et Joseph (Lc 2, 51) parce qu’avant d’être saints, ils étaient respectables. Leur humilité se manifestait dans une pudeur qu’il faut souhaiter aux familles chrétiennes, dans leurs paroles, leurs tenues, spectacles et comportements. Cette pudeur tout en douceur est un respect de la fragilité de chacun. Méditez la dernière phrase de la 2ème lecture de ce dimanche : « Parents, n’exaspérez pas vos enfants ; vous risqueriez de les décourager » (Col 3, 21). 

Vingt ans avant Pie XI, le saint Pape Pie X avait proposé aux familles un acte de consécration au Cœur sacré de Jésus, dont vous trouverez le texte ci-après, même si le style a un peu vieilli, dont la délicatesse est à mille lieux des leçons de morale ou de sévérité déplacée.

La consécration d’une famille au Cœur sacré de Jésus n’est pas un acte magique mais dûment préparé et concerté. Cette consécration est une source de grâces pour ceux qui savent qu’il n’y a pas de meilleur exemple que celui que nous donnons de la confiance en Dieu et de la patience entre nous.

Acte de consécration 
d’une famille au Cœur sacré de Jésus

Cœur Sacré de Jésus, Vous qui avez manifesté à Sainte Marguerite-Marie le désir de régner sur les familles chrétiennes, nous venons aujourd’hui proclamer votre Royauté la plus absolue sur la nôtre.
Nous voulons vivre désormais de votre vie ; nous voulons faire fleurir dans notre sein les vertus auxquelles Vous avez promis la paix dès ici-bas ; nous voulons bannir loin de nous l’esprit mondain que Vous avez maudit.
Vous régnerez sur nos intelligences par la simplicité de notre foi. 
Vous régnerez sur nos cœurs par l’amour sans réserve dont ils brûleront pour Vous, et dont nous entretiendrons la flamme par la réception fréquente de votre divine Eucharistie.
Daignez, ô Divin Cœur, présider nos réunions, bénir nos entreprises spirituelles et temporelles, écarter nos soucis, sanctifier nos joies, soulager nos peines.
Si jamais l’un de nous avait le malheur de Vous affliger, rappelez-lui, ô Cœur de Jésus, que Vous êtes bon et miséricordieux pour le pécheur pénitent.
Et quand sonnera l’heure de la séparation, quand la mort viendra jeter le deuil au milieu de nous, nous serons tous, et ceux qui partent, et ceux qui restent, soumis à vos décrets éternels. 
Nous nous consolerons par la pensée qu’un jour viendra où toute la famille, réunie au Ciel, pourra chanter à jamais vos gloires et vos bienfaits.
Daigne le Cœur Immaculé de Marie, daigne le glorieux Patriarche Saint Joseph, Vous présenter cette consécration, et nous la rappeler tous les jours de notre vie !
Amen ! Ainsi soit-il.

Saint Pie X (1835-1914)

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