C’étaient nos péchés qu’il portait

4ème mystère douloureux, Jésus porte sa croix : c’étaient nos péchés qu’il portait. 

Comme le dit le Chant du Serviteur souffrant, en 1ère lecture : « C’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris » (Is 53, 4-5).

« Homme de douleurs, familier de la souffrance », le Christ a pris sur lui nos péchés pour que nous en prenions conscience. Comme pour le serpent d’airain élevé dans le désert (Nb 21, 9), celui qui le regardait d’un cœur sincère de regret et qui en prenait conscience, en était délivré. 

En prenant sur lui nos péchés (« Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a fait péché pour nous » 2 Co 5, 21), le Christ nous les révèle et nous en délivre.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. 
Vous êtes bénie entre toutes les femmes ; et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.Tu es béni, Seigneur, pour ton obéissance – « Pour le Christ, avoir souffert par obéissance et par amour, c’est tout un » dit saint Thomas d’Aquin (IIIa, Q. 47, a. 2),
Au contraire de la désobéissance d’Adam quand il prit du fruit de l’arbre alors que Dieu lui avait donné cet ordre : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin ; mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas » (Gn 2, 17).
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

Tu es béni, Seigneur, pour ton humilité,
Au contraire de la rage de reconnaissance qui s’est emparée de Caïn quand son offrande ne fut pas agréée. « Caïn en fut très irrité et montra un visage abattu. Le Seigneur dit à Caïn : « Pourquoi es-tu irrité, pourquoi ce visage abattu ? Si tu agis bien, ne relèveras-tu pas ton visage ? Mais si tu n’agis pas bien…, le péché est accroupi à ta porte. Il est à l’affût, mais tu dois le dominer. » Caïn dit à son frère Abel : « Sortons dans les champs. » Et, quand ils furent dans la campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua (Gn 4, 5-8).

Tu es béni, Seigneur, pour ta frugalité,
Au contraire par exemple de la voracité d’Esaü qui vendit son droit sacré de premier-né pour le plat de lentilles dont il avait envie. « Un jour que Jacob préparait un plat, Ésaü revint des champs, et dit à Jacob : « Laisse-moi donc avaler cette sauce, le roux qui est là, car je suis épuisé ! ». Jacob lui dit : « Vends-moi maintenant ton droit d’aînesse ! ». Et Ésaü vendit son droit d’aînesse à Jacob. C’est ainsi qu’Ésaü montra du mépris pour le droit d’aînesse » (Gn 25, 34).

Tu es béni, Seigneur, pour ta prudence,
Au contraire par exemple de la folie de meute des frères de Joseph qui d’un seul homme s’accordèrent pour se débarrasser de lui. « Ils le vendirent pour vingt pièces d’argent à des marchands madianites qui passaient par là et l’emmenèrent en Égypte » (Gn 37, 28).

Tu es béni, Seigneur, pour ta loyauté,
Au contraire par exemple du mensonge de Juda frère de Joseph, dont le chapitre suivant de la Genèse raconte comment il renvoya sa belle-fille Tamar, comme veuve dans la maison de son père (Gn 38, 11), la forçant à se débrouiller seule pour survivre.

Tu es béni, Seigneur, pour ta fidélité,
Au contraire de l’idolâtrie du veau d’or érigé tandis que Moïse tardait. Le Seigneur dit à Moïse : « Ils n’auront pas mis longtemps à s’écarter du chemin que je leur avais ordonné de suivre ! Ils se sont fait un veau en métal fondu et se sont prosternés devant lui. Ils lui ont offert des sacrifices en proclamant : “Israël, voici tes dieux, qui t’ont fait monter du pays d’Égypte” » (Ex 32, 8). 

Tu es béni, Seigneur, pour ta docilité,
Au contraire des critiques et murmures qui se sont élevés au désert à Massa et Mériba (Ex 17, 7) alors que tu conduisais ton peuple à la liberté. « En chemin, le peuple perdit courage. Il récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! » (Nb 21, 5).

Tu es béni, Seigneur, pour ta liberté,
Au contraire par exemple du mimétisme de ton peuple quand il a demandé au prophète Samuel « un roi comme en ont toutes les nations » (1 S 8, 5). Le Seigneur lui dit : « Écoute la voix du peuple en tout ce qu’ils te diront. Ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi qu’ils rejettent : ils ne veulent pas que je règne sur eux » (1 S 8, 7).

Tu es béni, Seigneur, pour ta chasteté,
Au contraire de la sensualité déréglée du roi David qui s’est épris de Bethsabée, la femme d’Ourias le Hittite, et, quand il apprit qu’elle était enceinte, est allé jusqu’à le faire assassiner. « Ce que David venait de faire était mal aux yeux du Seigneur » (2 S 11, 27). 

Tu es béni, Seigneur, pour ta modestie,
Au contraire de toute volonté de puissance, 2ème grand péché de David quand il fit recenser les forces de ses armées malgré les mises en garde de ses proches, « Après cela, le cœur de David lui battit et il dit au Seigneur : C’est un grand péché que j’ai commis ! Maintenant, Seigneur, daigne passer sur la faute de ton serviteur, car je me suis vraiment conduit comme un insensé ! » (2 S 24, 10). 

C’est à cause de nos révoltes que le Christ Jésus a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été crucifié. 

C’étaient nos péchés qu’il portait :

Désobéissance d’Adam à qui Dieu avait donné un ordre (Gn 2).
Rage de reconnaissance qui poussa Caïn jusqu’au meurtre (Gn 4).
Gourmandise et voracité d’Esaü qui sacrifia le sacré pour manger (Gn 25).
Folie de meute et de jalousie des frères de Joseph (Gn 37).
Déloyauté du Juda frère de Joseph avec sa belle-fille Tamar (Gn 38)
Matérialisme et idolâtrie du veau d’or (Ex 32). 
Critiques et murmures du peuple au désert (Ex 17. Nb 21).
Mimétisme et conformisme d’un « roi comme en ont toutes les nations » (1 S 8). 
Sensualité déréglée et désirs de volupté, 1er péché de David (2 S 11). 
Volonté de puissance, 2ème grand péché de David (2 S 24). 

Par ses blessures, nous sommes guéris. 

« Va et ne pèche plus »

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